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« Nous sommes prêts… pour les 100 prochaines années »

By July 20, 2021 No Comments

Pour notre quatrième session de la série ‘Passeport pour le Réseau SD’, nous étions accueillis par ‘I Protect Me’, en Afrique du Sud, et rejoints par des dirigeants de projets, des représentants des autorités locales, du personnel scolaire, de jeunes participants, des travailleurs de prévention, des universitaires et d’autres supporters, en personne et par des vidéos préenregistrées.

Cindy Martins, la nouvelle Directrice de Programme d’IPM, a présenté notre visite en nous amenant à une nouvelle vidéo décrivant le contexte d’I Protect Me (IPM) et donnant un aperçu des activités d’IPM dans les écoles et quelques réactions des écoliers et des enseignants impliqués.

Cindy – qui a travaillé pour IPM cinq ans dans diverses qualités – a remercié les supporteurs pour leur aide en renforcement des capacités aussi bien que financière, ajoutant que le projet n’aurait pas pu lancer son programme postscolaire sans cette aide. Elle a aussi mentionné le véhicule récemment acquis, financé par SD Grande-Bretagne, qui leur permet d’élargir leur portée et d’accomplir des activités dans plus d’endroits. IPM opère actuellement dans neuf écoles: trois secondaires et six primaires.

La méthode d’IPM débute avec une carte sociale reliant  les diverses parties prenantes. Cindy a souligné l’importance que les ONG travaillent avec différentes parties prenantes plutôt que dans un silo, et IPM a un nombre croissants de partenaires non-gouvernementaux et institutionnels en Afrique du Sud et à l’étranger.

Par exemple, le Département Sud-Africain du Développement Social est maintenant reconnu comme un partenaire sérieux, approuvant des subventions pour cinq travailleurs de terrain pour un an. D’autres partenaires incluent l’Université Nelson Mandela, le Département de l’Éducation – ils promeuvent les activités en milieu scolaire et ont un forum d’ONG qui reliera IPM à 18 autres ONG – le Service de Police sud-africain et Crise du Viol.

Quelques récents temps forts d’IPM incluent une intervention de formation pour les personnes handicapées comprenant la formation à l’ordinateur et l’autonomisation des victimes, et la formation de 200 femmes et filles pendant le mois des Droits de l’Homme (Mars) de cette année.

Fondation et Miracles

Après ce survol de l’état actuel des affaires, Monica Clarke, fondatrice d’IPM, a pris le témoin, commençant avec une citation de Randall Maarman, le nouveau président d’IPM: « Nous allons être ici pour les 100 prochaines années. »

Monica a remercié son mari, Hedley, mécène d’IPM, de l’avoir soutenue sans se plaindre pendant de nombreuses années, puis s’est mise à exposer les nombreux miracles qui ont aidé à donner forme à I Protect Me.

En 2011, Monica a lu une information sur une jeune fille qui avait été violée et tuée puis jetée, comme un détritus, au Cap Occidental. Cela lui a rappelé l’abus dont elle-même avait souffert jeune femme et à quel point elle s’était sentie effrayée et impuissante – même si elle était une femme professionnelle et le gagne-pain de sa famille. Sa conclusion était qu’elle et des millions de ses concitoyennes avaient subi un lavage de cerveau culturel pour ne pas en parler – « ne pas montrer notre linge sale en public. »

Elle a écrit un article sur World Pulse à ce sujet, exprimant son fort sentiment à propos de ce que les écoles n’étaient pas les places de protection qu’elles devraient être, et son désir de faire quelque chose à ce propos. À la suite de cet article, elle a été inondée de réponses et, parmi celles-ci, il y avait un e-mail de Duncan Bomba de Nairobi, Kenya, qui offrait son aide, disant: « Nous faisons cela depuis des années. »

Duncan était le chef du Programme ‘Dolphin’ de sensibilisation Anti-Viol et Contrôle du Sida. Quand Monica l’a approché, Arnaud Delune  (à ce moment, Président de SD France) a été d’accord pour que SD France finance son voyage au Kenya pour découvrir ce que faisait Dolphin, et étudier leurs techniques d’autodéfense et leur programme pour les élèves des écoles primaires.

En 2013, I Protect Me a été enregistré comme organisation à Cape Town, et Monica et Hedley se sont rendus en Afrique du Sud. Quand  ils se sont trouvés abandonnés à leur arrivée, une vieille connaissance, le Père Brian Beck est allé les prendre à l’aéroport.

Le Père Brian (par une vidéo préenregistrée) dit qu’en entendant l’histoire de Monica, il réalisa que Monica se tournait vers lui pour de l’aide. Il lui offrit de la loger là où il vivait afin qu’elle puisse réaliser son rêve de rendre coup pour coup. Elle a lancé ce projet dans une culture où les enfants sont laissés seuls toute la journée parce que les parents doivent partir tôt le matin et rentrer tard dans la nuit à cause de longues heures de travail. Selon le Père Beck, c’est pourquoi la maltraitance a pris et se perpétue – les enfants sont si souvent laissés à eux-mêmes et sont une proie facile pour les adultes qui les entourent.

L’étape suivante était d’apprendre comment travailler avec les enfants mais, comme Monica et IPM n’avaient aucune expérience de cela, ils ont contacté “Wijs Weerbaar”, une école d’autodéfense à Groningue aux Pays-Bas, où la Directrice Marieke van Veen a fait tout ce qu’elle pouvait pour les aider à envoyer une équipe en Hollande pour assister à sa formation.

En 2010, Marieke avait dirigé une formation en Afrique du Sud pour des personnes handicapées. Elle avait été choquée par la violence sexuelle et le harcèlement avec lesquels ses stagiaires avaient été en contact, et à quel point cette violence imprégnait la société. Elle était revenue profondément choquée par les niveaux élevés d’abus en Afrique du Sud, et c’est pourquoi elle s’est sentie poussée à aider IPM.

La rencontre inespérée suivante était avec Randall Maarman, un jeune sud-africain vivant aux Pays-Bas qui avait envoyé un e-mail à Monica à propos d’un article qu’elle avait écrit. Ils se sont rencontrés pendant le séjour de Monica aux Pays-Bas et, peu de temps après, il lui dit qu’il retournait en Afrique du Sud et voulait s’engager dans IPM.

À peine était-il arrivé à Port Elizabeth que Monica lui demandait de réunir une équipe et de commencer à travailler pour IPM, ce qu’il fit.

Le témoignage final de cette partie de l’histoire d’IPM vient du Dr Bruce Damons de l’Université Nelson Mandela. Selon Monica, cette université est le foyer “d’universitaires qui voient réellement le problème et entrent dedans.”

Le Dr Damons dit: “Nous sommes un partenaire d’IPM. Nous avons réalisé en tant qu’institution que nous ne pouvons pas le faire tous seuls, que les espaces d’apprentissage sont les gens sur le terrain. Monica est l’université de la vie.”

Il a continué en parlant de laisser différents savoirs converger et créer une collaboration – plutôt qu’une compétition – afin de créer une meilleure société dans laquelle chacun peut réaliser son potentiel. Il dit aussi qu’idéalement ceci se produirait dans une réciprocité, reconnaissant que chacun a quelque chose à donner mais gardant à l’esprit que certains ont plus de ressources que d’autres, particulièrement dans le pays le plus inégal au monde.

Avancer en équipe

Le suivant à parler était Randall, qui est maintenant Président d’IPM. Randall a remercié tous les gens qui ont soutenu IPM jusqu’à maintenant et dit que c’était un véritable effort d’équipe, mais que c’était par ce que « Monica avait rassemblé une armée de personnes autour d’elle. »

Monica avait une fois dit à Randall : « Ceux qui sont plus jeunes doivent mener ceci à bien, » ce à quoi il répondit: « Nous sommes prêts. »

Un autre merci fut pour Billy Paulson, qui avait donné à IPM un bureau dans un centre commercial et avait payé son loyer. Billy répondit qu’il était très heureux que Monica ait été finalement reconnue pour tout son dur travail et son immense dévouement.

Une seconde vidéo a été visionnée qui présente les actuels Travailleurs de Prévention et esquisse le panorama de leur travail actuel : un programme d’égal à égal, d’autonomisation des victimes et un programme postscolaire dans plusieurs zones mal desservies, où on introduit la prévention en utilisant des activités d’art et d’artisanat.

Dans la vidéo, IK Martins, principal de l’École Secondaire de Booysen Park – une des premières écoles à ouvrir ses portes à IPM au Cap Occidental –  témoigna qu’IPM consacre sa mission à autonomiser les jeunes; tandis que Cosmo Bartman, coordinateur du Sport, de la Musique et de la Sécurité pour le District Nelson Mandela souligna l’importance à ses yeux qu’IPM fasse partie du Forum d’ONG pour des Écoles plus Sûres.

Q&R

La présentation et les interventions d’une grande variété de personnes ont été suivies d’une courte session de questions et réponses, ce qui constituait également un forum pour les commentaires et les réactions.

Steve Podmore: De quel soutien avez-vous besoin pour aller de l’avant?

(Steve Podmore, de GB, a signalé IPM à une organisation africaine appelée “Gold Youth” (Jeunesse d’Or), qui se spécialise en formations d’Égal à Égal, avec laquelle IPM a formé un partenariat en conséquence. Ils offrent à IPM soutien et ressources de formation pour faciliter la formation d’égal à égal dans les écoles.)

Monica: nous avons besoin comme clients des compagnies qui pourraient faire former leurs employés pour qu’ils soient en sécurité dans leurs trajets pour leur lieu de travail et de retour.

Randall: merci d’avoir fait la connexion avec Gold Youth – nous utilisons leur programme d’égal à égal d’autonomisation des jeunes. Faire plus de connexions avec des réseaux peut nous aider à aller de l’avant.

Helen Muñoz: Avez-vous rencontré une résistance au changement de la part des parents?

Monica: La seule expérience de résistance a été quand une des mères a tiré sa fille de la rangée qui allait entrer dans une église pour une session de formation, parce qu’elle était musulmane. Cela nous a appris que nous devions utiliser un terrain neutre pour leur formation.

Le Pr. Paul Stanton (l’ex-patron de Monica au Service National de Santé de GB): Bien que le centre d’attention initial était sur Je Me Protège, il y a aussi un impact sur les écoles, les sociétés et les cultures. Donc, à la fin, les gens protègent les autres et pas seulement le moi individuel. Se center sur la commune et la communauté sème une graine qui peut pousser dans beaucoup de directions différentes.

Monica: Oui, la recherche a prouvé que quand nous apprenons à être résistants et faire face pour nous-mêmes, nous faisons aussi face pour nos copains et même pour des étrangers.

Amelia: Quelles autres organisations similaires existaient en Afrique du Sud avant ceci? Comment IPM est-il différent d’autres organisations qui travaillent sur ces questions?

Monica: Autant que je le sache, il n’y a pas d’autres organisations en Afrique du Sud où la résistance et la ténacité dans les écoles sont combinées avec l’autodéfense physique. Ayant dit cela, le programme n’est pas venu d’un coup de baguette magique, il a puisé dans différentes sources d’inspiration, incluant la recherche académique. Mais, IPM a sorti la formation à la résistance du papier et l’a mise en action.

Ce qui nous rend différents est que nous n’offrons pas des ateliers à la pièce, mais un programme entier. La recherche a montré que l’apprentissage répétitif change le comportement. La créativité est importante, également.

Nous avons de nombreuses histoires de succès comme celle de la fille qui dit à son professeur qu’elle avait utilisé les techniques d’IPM pour se sortir d’une situation  potentiellement dangereuse, quand un groupe d’hommes l’accostaient au moment où elle descendait d’un bus.

Finir sur une danse

La session a fini en beauté quand nous avons joué la chanson extrêmement dansable d’IPM.

Vous pouvez regarder un enregistrement de la session complète ici: